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Actualités

Belgique Les Bourgmestres non-nommés dénoncent le «lâchage catastrophique» des francophones de la périphérie

Publié le 01 septembre 2010

Les trois Bourgmestres des communes de Crainhem, Wezembeek-Oppem et Linkebeek, dont la nomination est toujours refusée par le Ministre flamand de l'Intérieur, ont dénoncé mardi le «lâchage catastrophique» des francophones de la périphérie.

Arnold d'Oreye de Lantremange, François van Hoobrouck d'Aspre et Damien Thiéry affirment dans «Le Soir» de mardi qu'il est indispensable de «sortir du bois» et de réaffirmer collectivement leur revendication majeure, soit la consultation des populations concernées, alors que le préformateur Elio Di Rupo a présenté dimanche une proposition sur BHV et rappelait encore ce lundi que la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde est désormais liée au refinancement de la Région bruxelloise et à la révision de la loi de financement des Communautés et Régions.

«On nous vend pour de l'argent pour Bruxelles!,» tonne Arnold d'Oreye de Lantremange.

«Les francophones ont déjà laissé tomber l'élargissement de Bruxelles et la ratification de la convention-cadre pour la protection des minorités,» a-t-il ajouté.

Le Bourgmestre faisant fonction de Crainhem pointe ses deux priorités:

  • la  compétence de la Communauté française en matière de soins de santé et d'activités socio-culturelles pour les francophones de la périphérie;
  • une loi interdisant aux Régions d'interpréter les lois linguistiques via des circulaires.

«La seule solution concrète et durable» passe par une intégration des six communes à facilités à Bruxelles. On ne peut envisager une aussi profonde réforme de l'Etat sans consulter les populations concernées. Pour cela, il faut, de toute urgence, modifier la Constitution afin de permettre le référendum,» a dit de son côté François van Hoobrouck d'Aspre.

Damien Thiéry regrette que «personne n'ose aller à l'encontre de la N-VA. Nous allons être obligés de faire de nouvelles concessions qui ne seront en aucun cas favorables à la périphérie.»  

«Le sort du pays est en jeu,» ont encore affirmé les trois Bourgmestres.

Rappelons que le 29 mars 2007, les chefs de file bruxellois des partis démocratiques francophones s'engageaient à ce que la remise en cause de BHV ne s'envisage qu'à condition d'élargir les frontières de Bruxelles  et d'obtenir des garanties équivalentes à l'intérêt que représente BHV pour les autres francophones de la périphérie, c'est-à-dire ceux dont la commune ne serait pas intégrée à la Région bruxelloise. Parmi les signataires de cet engagement solennel, Joëlle Milquet (CDH), Philippe Moureaux (PS) et Christos Doulkeridis (Ecolo), aujourd'hui négociateurs aux côtés d'Elio Di Rupo, alors que le MR est tenu à l'écart des discussions.

Trois ans et deux élections plus tard, le «centre de gravité» des revendications de ces trois partis francophones semble s'être déplacé de la périphérie vers Bruxelles.

Lundi midi, rappelle Le Soir, Elio Di Rupo a précisé que, dans le cadre du dossier BHV, il fallait trouver «un équilibre entre le respect du principe de territorialité et le respect du principe des droits des gens». Dimanche, la dernière proposition du préformateur, rejetée par le tandem N-VA-CD&V, consistait, en cas de scission de BHV, à permettre aux électeurs des six communes à facilités de voter pour des listes bruxelloises, à assouplir la circulaire Peeters sur les documents administratifs en néerlandais et à faire traiter les recours contre les actes de l'autorité flamande par une chambre bilingue du Conseil d'Etat. 

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